Ingénieure agronome (AgroParisTech, 2012), docteure en sciences sociales (AgroParisTech, 2017), maîtresse de conférences à l’Université Rennes 2 depuis septembre 2018 (département de sociologie/UMR ESO).

Parcours et postes occupés

Issue d’un parcours d’ingénieure agronome au cours duquel je me suis initialement spécialisée en écologie, j’ai investi le champ des sciences humaines et sociales en intégrant en 2011-2012 un Master 2 d’ethnoécologie et d’éco-anthropologie (Master EDTS, AgroParisTech/Muséum National d’Histoire Naturelle), avant de réaliser une thèse en socio-anthropologie de l’environnement de 2013 à 2017, sous la direction de la sociologue Florence Pinton. J’ai démarré en avril 2018 un post-doctorat en anthropologie de la nature et des savoirs à l’INRA, avant de rejoindre en septembre l’Université Rennes 2, en tant que maître de conférences en Socioécologie de la biodiversité. J’interviens dans le cursus de sociologie (Licence 1), mais aussi dans les parcours du Master ERPUR (Univ. Rennes 1) et dans la spécialité « Génie de l’environnement » à Agrocampus Ouest. Je mène en parallèle mes recherches au sein de l’UMR ESO – Espaces et sociétés.

Objets et démarche de recherche

Mon parcours académique se caractérise par un fort métissage disciplinaire associé à un intérêt pour les questions liées (i) à la transition écologique et (ii) à l’inscription de la durabilité dans les territoires. Tournée au départ vers les questions de valorisation de l’agrobiodiversité au Sud, où les enjeux de conservation de la biodiversité sont étroitement liés aux conditions de subsistance des populations qui vivent des ressources naturelles (en particulier en forêt), je m’ouvre aujourd’hui à d’autres objets et terrains, tout en conservant un objectif général : réfléchir aux moyens mais aussi aux fins d’une « transition écologique » pertinente, efficace et humaniste.

Recherche doctorale

Après un séjour dans l’ouest du Mexique où j’ai enquêté en 2012 sur la valorisation de divers produits forestiers non ligneux, ma recherche doctorale m’a conduite au Brésil, où j’ai étudié des processus de territorialisation et d’innovation dans le cadre de projets locaux de valorisation d’une plante amazonienne – le guaraná, dans un contexte de globalisation des ressources. En combinant des enquêtes ethnobotaniques à une approche ethnographique des projets inspirée des science studies (plus spécifiquement de l’anthropologie symétrique), j’ai cherché à caractériser les relations à la plante sur lesquelles reposaient ces projets, les enjeux de ces derniers, et à interroger leur possible coexistence sur un territoire partagé, le Baixo-Amazonas, terre d’origine du guaraná.

Champs de recherche et questionnements

Ce travail a privilégié trois champs d’investigation que je continue aujourd’hui d’explorer :

  • la production, le rôle social et la prise en compte des savoirs écologiques (en particulier ceux portés par les populations autochtones ou marginalisées),
  • la diversité des formes et des processus de développement et d’innovation en lien avec la biodiversité,
  • les processus de recomposition de territoires dans le contexte actuel de globalisation des ressources, des marchés, des savoirs et des normes.

Ces trois axes s’inscrivent dans une démarche interdisciplinaire qui m’amène désormais à interroger plus largement les transformations des rapports entre humains et vivant, dans un contexte de crise de la modernité. Je cherche en particulier à mettre en évidence la réciprocité des interactions entre sociétés humaines et reste du vivant, y compris dans leurs dimensions sensibles et matérielles, dans le but d’interroger le sens de « l’humain », mais aussi ses valeurs, ses responsabilités et les risques qu’il porte, dans le contexte actuel. Il s’agit, à terme, de faire évoluer nos politiques, notre gestion et nos modes de gouvernance du vivant. Un autre aspect de mon travail consiste donc à s’intéresser aux dimensions politiques des discours sur - et des pratiques mettant en jeu - la biodiversité (protocoles de production ou de conservation des ressources, processus de certification, …).

Approche développée

Dans cette perspective, je développe une approche pragmatique des relations humains-vivant qui privilégie dans sa formulation les objets abordés et les problèmes qu’ils posent, plutôt que la discipline. Ainsi, les objets autour desquels se cristallisent actuellement mes travaux sont divers – plantes semi-domestiques ou cultivées, sols (cas abordé en post-doctorat à l’INRA en 2018), rivières (projet Rivières 2070 débuté en 2019), agriculture en territoires insulaire (projet SOFIANE en cours) –, de même que les disciplines dans lesquelles je puise les concepts et les outils à même de m’aider à répondre aux questions posées. J’emprunte à l’anthropologie culturelle, des savoirs ou de l’environnement, à la sociologie des sciences et des techniques, à la sociologique pragmatique, mais aussi à l’écologie, l’agronomie, la socio-économie, la political ecology ou encore au droit. De manière générale, j’inscris mes travaux dans le courant émergent des humanités environnementales.

Projets en cours

Poursuite du projet doctoral (valorisation et restitution des résultats), Bioculturalis, Rivières 2070, Sofiane

Mots-clefs

agroécologie, Amazonie, approche sensible, biodiversité, diversité bioculturelle, domestication, innovation, ontologies, plantes, pragmatisme, savoirs locaux, science and technology studies (STS), socio-anthropologie de l’environnement, sol, territoires, traductions, vivant.
Mis à jour le 24 March 2020